Le projet Patrima, un exemple de partage des savoirs

Le Monde, 28 juin 2011

De quoi peuvent discuter ensemble des historiens, des linguistes, des acousticiens, des physiciens, des chimistes, des architectes, des restaurateurs et de conservateurs de musée ? De patrimoine. C'est en tout cas l'ambition du laboratoire d'excellence (Labex) "Patrimoines matériels : savoirs, conservation, transmission" (Patrima), l'un des cent Labex sélectionnés en mai dans le cadre des initiatives d'avenir.

Doté de 7 millions d'euros pour les dix prochaines années, Patrima regroupe pas moins de 200 chercheurs issus des universités de Cergy-Pontoise et Versailles-Saint-Quentin, mais aussi de plusieurs laboratoires du CNRS, du ministère de la culture ou du Muséum d'histoire naturelle. S'y ajoutent les conservateurs du Louvre, des Archives nationales ou encore du château de Versailles.

"Le patrimoine est ce que l'on peut appeler un "objet frontière", explique Etienne Anheim, le coordinateur scientifique de Patrima. Ce domaine touche non seulement différentes disciplines, des sciences de l'homme aux sciences exactes, mais également différents métiers, de la conservation des collections à la médiation culturelle, en passant par la restauration des objets d'art."

Avec Patrima, "l'idée est avant tout de casser les cloisons existantes entre les institutions dépendant de divers ministères", insiste Hervé Barbaret, l'administrateur général du Louvre, ravi d'intégrer ce Labex et de se rapprocher plus de Cergy-Pontoise. C'est dans cette ville que sera édifié le nouveau centre national de conservation des patrimoines, qui accueillera quelque 250 000 objets d'art stockés dans les réserves - menacées par une éventuelle crue de la Seine - de sept musées parisiens, dont le Louvre.

Chaire internationale

Alors que la programmation scientifique est en cours, des projets émergent. Ainsi, Patrima accueille sur une chaire internationale le chercheur américain Eric Doehne, spécialisé dans l'analyse et de la conservation des matériaux. De même, à la rentrée, cinq à dix projets de thèse seront financés grâce au labex. Cela va d'un travail d'analyse des pigments de la peinture de chevalet à une thèse sur le patrimoine et la télévision.

"En reconnaissant la thématique du patrimoine, le jury des labex a démontré que ce n'était pas qu'une danseuse, mais bien un domaine qui peut permettre de créer des emplois et des entreprises", salue Sylvie Faucheux, la présidente de l'université de Versaille-Saint-Quentin. D'ailleurs, la Fondation partenariale de Patrima, qui sera lancée à l'automne, devrait accueillir bientôt plusieurs partenaires privés, comme des groupes de bâtiments et travaux publics ou de développeurs de logiciels.

Philippe Jacqué, Le Monde

 

PATRIMA, nouveau laboratoire d’excellence de l’université de Cergy-Pontoise

VO-News (1/04/2011 13:00) [Lien]

Le laboratoire d’excellence PATRIMA (patrimoines matériels : savoirs, conservation, transmission) mis en œuvre par les universités de Cergy-Pontoise (UCP) et de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) a été retenu par le Commissariat Général à l’Investissement qui est chargé de la mise en œuvre du programme d'investissements d'avenir. PATRIMA entend développer au cours des dix prochaines années des programmes internationaux de recherche et de formation dans le domaine du patrimoine matériel.

Projet de portée internationale rassemblant « sciences de l’homme » et « sciences exactes », PATRIMA réunit environ 200 chercheurs. Ces derniers sont issus des laboratoires de recherche de l’UCP mais aussi de l’Institut d’Études Culturelles de l’UVSQ, de grandes institutions patrimoniales (musée du Louvre, le château de Versailles, les archives nationales…) ou encore des communautés d’agglomération de Saint-Quentin et de Cergy-Pontoise. L’objectif est de développer au cours des dix prochaines années des programmes internationaux de recherche et de formation dans le domaine du patrimoine matériel (objets de musées, bâtiments, archives, livres et manuscrits…).

Pour l’université de Cergy-Pontoise, l’originalité de PATRIMA tient à trois traits.D’une part, son approche interdisciplinaire « qui considère le patrimoine matériel comme un objet de savoir commun aux sciences de l’homme (histoire et histoire de l’art, littérature, esthétique et philosophie…) et aux sciences exactes (physique, chimie, informatique…) et qui associe des représentants de toutes les disciplines ». D’autre part la collaboration institutionnelle entre chercheurs, conservateurs et restaurateurs « mettant l’accent sur les échanges entre les grandes institutions patrimoniales qui sont aussi des lieux de recherche et de formation, et les laboratoires et universités ». Enfin, une ambition intellectuelle « transversale » qui considère le patrimoine comme « un terrain de réflexion épistémologique mais aussi comme le résultat d’un processus de patrimonialisation directement lié à des attentes sociales et politiques, qui installe les savants au cœur de l’espace public ».

Actuellement appuyé sur une fondation partenariale en cours de constitution, PATRIMAentend faire émerger des sciences du patrimoine au sein du paysage universitaire français, « dans le contexte d’une dynamique territoriale forte des universités du grand ouest parisien ». Il devra créer de fortes synergies avec le centre national de conservation des patrimoines (CNCP) en cours de création à Cergy-Pontoise. Ce dernier a notamment pour mission de créer un pôle de formation et de recherche interdisciplinaire autour des questions relatives au patrimoine culturel.

PATRIMA, le laboratoire d’excellence reconnu par le Commissariat général à l'investissement

Communiqué de presse - 25 mars 2011 [Lien]

Mis en œuvre par les universités de Cergy-Pontoise (UCP) et de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), le Labex PATRIMA (Patrimoines matériels : savoirs, conservation, transmission) est un projet de portée internationale qui rassemble sciences de l’homme et sciences exactes. L’objectif de ce laboratoire est de développer au cours des dix prochaines années des programmes internationaux de recherche et de formation dans le domaine du patrimoine matériel (objets de musées, bâtiments, archives, livres et manuscrits…)

Le Labex PATRIMA réunit environ 200 chercheurs issus des équipes de recherche de l’Institut d’Études Culturelles de l’UVSQ et des laboratoires de recherche de l’UCP, des laboratoires scientifiques dépendant du Ministère de la Culture, du CNRS, du CEA, de l’Université Paris-XI, de grandes institutions patrimoniales comme le musée du Louvre, le château de Versailles, les archives nationales ou la bibliothèque nationale de France, ainsi que de nombreux autres partenaires (Ecole nationale d’architecture de Versailles, ESSEC, Archives départementales des Yvelines, Musée du Quai Branly, Ecole nationale d’Art de Paris-Cergy, Musée de Port-Royal, communautés d’agglomération de Saint-Quentin et de Cergy-Pontoise…).

Son originalité tient à trois traits :

  • Une approche interdisciplinaire qui considère le patrimoine matériel comme un objet de savoir commun aux sciences de l’homme (histoire et histoire de l’art, littérature, esthétique et philosophie…) et aux sciences exactes (physique, chimie, informatique…) et qui associe des représentants de toutes les disciplines.
  • Une collaboration institutionnelle entre chercheurs, conservateurs et restaurateurs, mettant l’accent sur les échanges entre les grandes institutions patrimoniales qui sont aussi des lieux de recherche et de formation, et les laboratoires et universités.
  • Une ambition intellectuelle transversale qui considère le patrimoine comme un terrain de réflexion épistémologique mais aussi comme le résultat d’un processus de patrimonialisation directement lié à des attentes sociales et politiques, qui installe les savants au cœur de l’espace public.

Ce laboratoire d’excellence, appuyé sur une fondation partenariale en cours de constitution, vise à faire émerger des sciences du patrimoine au sein du paysage universitaire français, dans le contexte d’une dynamique territoriale forte des universités du grand ouest parisien.

Il aura en particulier vocation à créer de fortes synergies avec le centre national de conservation des patrimoines (CNCP) en cours de création à Cergy-Pontoise qui a notamment pour mission de créer un pôle de formation et de recherche interdisciplinaire autour des questions relatives au patrimoine culturel. Le LabEx PATRIMA sera ainsi une institution de référence unique en France et donnera à notre pays un outil de rayonnement international dans le domaine des études patrimoniales qui lui faisait défaut jusqu’alors.

L’année où l’UCP et l’UVSQ fêtent leur 20e anniversaire et développent leurs synergies, la sélection du laboratoire d’excellence PATRIMA est le reflet d’universités intégrant d’une manière renouvelée formation, recherche et professionnalisation dans un horizon qui lie ancrage territorial et ambition internationale.

Porteurs du projet PATRIMA : Etienne Anheim pour l’UVSQ et François Germinet pour l’UCP.